Le Punto-Banco

Le Punto-Banco est une variante du baccara qui a vu le jour aux environs des années 40 en Amérique du Sud (très probablement en Argentine). Au début des années 50, le jeu fait fureur dans les casinos de Cuba.

Punto Banco

Table de Punto Banco

C'est grâce à un certain Francis Tommy Renzoni que le Punto-Banco entame sa carrière aux Etats-Unis, dès 1959. Rebaptisé «baccarat» (avec un «t» comme le fameux cristal), le jeu prolifère à la vitesse grand «V» et, en quelques années, on le trouve dans presque tous les grands casinos du Nevada. Il faut attendre une quinzaine d'années pour que le Punto-Banco franchisse l'Atlantique.

Transitant par les plus prestigieux clubs londoniens aux environs de 1975-76, on le trouve dans de nombreux grands casinos espagnols dès 1980. De là, le jeu se généralise un peu partout en Europe. Cependant, sa concurrence directe avec le Baccara et sa faible propension à générer des pourboires font que, dans bien des pays du Vieux Continent, l'exploitation du Punto-Banco est aussi discrète que marginale. En France, l'autorisation d'exploiter le Punto-Banco n'est votée que le 20 août 1987 en même temps que celle de la roulette anglaise et des machines à sous.

Le plus souvent, le Punto-Banco se pratique sur une grande table à deux tableaux qui s'apparente fort à celle en vigueur au Baccara. Suivant le cas, la table peut accueillir de 12 à 14 joueurs disposant chacun d'un emplacement numéroté et d'une place assise. Pour faire tourner cette table, quatre employés sont nécessaires : un croupier «tailleur» (c'est lui qui manipule les cartes), deux croupiers «payeurs» qui, debout, font face au tailleur et, enfin, un chef de partie, siégeant derrière le tailleur et plus haut que lui de manière à surveiller toute la table. Le Punto-Banco se pratique également sur de mini-tables en forme de haricot, comme celles du blackjack. Dans ce cas, le croupier qui y officie est à la fois tailleur et payeur.

Règles du Punto-Banco

Le Punto-Banco se joue avec six jeux de 52 cartes, appelés «sixain». Au commencement de la partie, la coupe, faite à l'aide d'une carte plastifiée de couleur bleue, est proposée au joueur assis immédiatement à la gauche du croupier tailleur, puis elle passe (à la partie suivante) au joueur suivant et ainsi de suite dans le sens des aiguilles d'une montre. Après la coupe, une carte d'arrêt (rouge) est placée à la fin du sixain, entre les dixième et onzième cartes.

Lorsque cette carte rouge apparaît en cours de jeu, le coup est terminé mais aucun autre coup ne peut être entamé. Les cartes sont ensuite placées dans un sabot. Au début de chaque partie (on dit aussi «taille»), le croupier tailleur tire une carte du sabot et la retourne. La valeur de cette carte indique le nombre de cartes qui seront «brûlées» avant de commencer le jeu («brûler une carte» signifie la sortir du sabot sans en dévoiler la valeur et la glisser immédiatement dans l'urne au milieu de la table).

Trois chances sont à la disposition des joueurs : Punto, Banco et Egalité. La chance gagnante est celle qui réalise le point «neuf» ou celle qui s'en rapproche le plus avec deux cartes au minimum et trois au maximum. Lorsque le point est identique à Punto et à Banco, l'Égalité gagne et le coup est nul sur ces deux chances.

Valeur des cartes

Du 2 au 9, chaque carte a sa valeur nominale : l'as vaut un, toutes les autres cartes (dix, valet, dame, roi, appelés «bûches») valent zéro. Le point est déterminé en additionnant la valeur des cartes attribuées à chaque chance. Attention cependant car on ne tient jamais compte du chiffre des dizaines, seul le chiffres des unités est pris en considération. Voici deux exemples pour clarifier ce procédé :

Exemple 1 : 2♦ + 9♣ + 9♥ = 20, comme on supprime le chiffre des dizaines, nous obtenons 0.
Exemple 2 : 5♦ + 8♣ + 8♥ = 21, donc nous obtenons 1.

Circulation du sabot

Au début de la partie, le sabot revient de droit au joueur assis à la place n° 1. Ce joueur garde le sabot tant que la chance gagnante est Banco ou Égalité. Si la chance gagnante est Punto, le sabot est confié au joueur assis à sa droite (toujours dans le sens inverse de celui des aiguilles d'une montre). Toutefois, le joueur qui détient le sabot peut «passer la main» quand il le désire. Dans ce cas, pas question d'«enchères» pour racheter le sabot comme cela se fait au Baccara, il échoit naturellement au joueur suivant. Chaque joueur est libre d'accepter ou de refuser le sabot. Si tous les joueurs le refusent, c'est le croupier tailleur qui s'occupe de la manipulation des cartes.

Il est à noter que de plus en plus de casinos refusent que les clients manipulent les cartes (à cause des virtuoses de la manipulation). Dans certains casinos, le sabot reste dans les mains du croupier tailleur et ne voyage plus parmi les joueurs.

Déroulement d’un coup

Tous les joueurs, y compris celui qui détient le sabot, peuvent miser sur toutes les chances (Punto, Banco et Égalité).

Les employés vérifient que toutes les mises sont conformes, correctement placées et leur montant, par joueur, est compris entre le minimum et le maximum autorisés. Le croupier tailleur annonce alors «Rien ne va plus!».

Dès lors, aucune mise supplémentaire n'est acceptée. Il fait signe au joueur qui détient le sabot d'en extraire quatre cartes, figures en-dessous : la première et la troisième carte sont attribuées à «Punto», la deuxième et la quatrième à «Banco».

Le tailleur prend alors les cartes de «Punto» avec sa palette, les retourne et annonce le point.

Le joueur qui détient le sabot retourne alors les deux autres cartes permettant ainsi au tailleur d'annoncer le point à «Banco».

Si l'une des chances (ou les deux) totalise 8 ou 9 points, il y a ce que l'on appelle «abattage». C'est-à-dire que l'on abat les cartes et que ni «Punto», ni «Banco» ne peut en tirer une troisième pour tenter d'améliorer son point. La chance qui a abattage est déclarée gagnante.

S'il y a abattage sur les deux chances, soit c'est le plus haut point qui l'emporte (8 à «Banco» et 9 à «Punto», c'est «Punto» qui gagne), soit il y a égalité de points (9 à «Banco» et 9 à «Punto») et, dans ce cas, c'est «Égalité» qui gagne.

S'il n'y a aucun abattage, suivant les points obtenus, le tailleur procède au tirage d'une troisième carte en commençant par «Punto». Pour cela, il suit scrupuleusement la règle suivante : si, avec ses deux premières cartes, «Punto» totalise moins de 6 points, il tire une carte. Dans tous les autres cas (6 ou 7 points), «Punto» reste avec ses deux premières cartes. Ensuite, le tailleur considère le tirage éventuel d'une troisième carte à «Banco». Pour ce faire, il suit les règles de tirage du tableau.

Il est à noter que le tirage ne se fait pas en fonction du total de points à «Punto» mais bien en fonction de la valeur de la troisième carte tirée sur cette chance. Quelques exemples nous permettront de comprendre ce tableau de tirage :

1. «Banco» a 5 avec ses deux premières cartes et la troisième carte de «Punto» est un quatre : «Banco» TIRE.
2. «Banco» a 6 avec ses deux premières cartes et la troisième carte de «Punto» est un huit : «Banco» RESTE.
3. «Banco» a 6 avec ses deux premières cartes et «Punto» n'a pas tiré de troisième carte : «Banco» RESTE.

Au terme de cette opération, le coup est déterminé de manière définitive et le tailleur annonce le point de «Banco», puis le point de «Punto», et finalement la chance gagnante.

Par exemple : «7 à Banco, 4 à Punto Banco gagne!» ou encore «6 à Banco, 6 à Punto. Égalité gagne!». Les croupiers payeurs procèdent au ramassage des mises perdantes puis au paiement des mises gagnantes en commençant toujours par celles qui sont posées le plus près d'eux.

Les rapports de gain

1. Le gain sur «Punto» est payé à égalité. Par exemple: vous misez 100€ et vous gagnez 100€ (+ votre mise que vous récupérez).

2. Le gain sur «Banco» est payé 19 pour 20. Par exemple: vous misez 100€ et vous gagnez 95€ (+ votre mise que vous récupérez).

3. Le gain sur «Égalité» est payé 8 pour 1. Par exemple: vous misez 100€ et vous gagnez 800€ (+ votre mise que vous récupérez). Notez qu'en cas de gain à «Égalité», les mises sur «Punto» et sur «Banco» ne sont pas perdues (le coup est déclaré nul pour ces deux chances).